Le lundi 31 juillet 1820 se déroula une des scènes les plus émouvantes de l’exil.
C’est au sujet de Clémence, la fille du domestique Saint-Denis et de son épouse Mary Hall, gouvernante d’Hortense Bertrand. qui naquit durant la nuit du 30 au 31 juillet 1820.

Des années plus tard le père se souvint : « dans le jardin de Noverraz, il y avait un petit chêne [qui existe encore – à gauche sur la photo sous lequel se trouve aujourd’hui un banc] sous lequel l’Empereur se plaisait assez souvent à manger son déjeuner. Un jour, le 31 Juillet 1820, qu’il déjeunait sous cet arbre avec M de Montholon et que je le servais, il me dit à la fin du repas : « Va chercher ta fille ». Et ajouta : « Dis à Marchand de venir. »
Ma fille Clémence était née la veille. J’exécutai promptement ses ordres et, en moins de rien, je fus de retour et lui présentai mon enfant. Pendant ma courte absence, Marchand était venu et reparti, et il revenait en me suivant, remettant à l’Empereur une chaîne du Brésil, laquelle chaîne l’Empereur avait portée longtemps à sa montre. Après avoir examiné ma fille quelques instants, il mit la chaîne en double et la lui allongea sur le corps en disant : « Voilà le premier présent que je te fais.» Une inclinaison respectueuse et quelques paroles de remerciement furent ma réponse à tant de bienveillance et de bonté de sa part.
Je ne pense jamais à cette scène sans que je ne sente mes yeux se mouiller de larmes et que je ne me rappelle le petit chêne que l’Empereur nommait son beau chêne. »