La Propriété
des
Briars

La situation des Briars sur l’île

La résidence des Briars est située dans une vallée verdoyante, entourée de roses sauvages ou églantiers, et sublimée par une cascade en forme de cœur « Heart Shaped Waterfall ».

Le nom « Les Briars » a évolué. Le domaine s’appelait Parsley Bed Hill en 1678, ce qui signifie « la colline du lit de persil ». Le domaine était improductif et fut vendu en 1739 pour la médiocre somme de £94 par l’Honorable Compagnie. Le nouveau propriétaire baptisa alors la nouvelle propriété The Bryers en raison des églantiers qui poussaient à l’état sauvage sur toute la vallée. L’orthographe changea en « briers » (ronce), qui devint ensuite Briars. En 1811, William Balcombe devint propriétaire des Briars et y installa une brasserie avec ses associés. Il habita la Briars House avec sa famille.

Les Briars, après le Retour des Cendres, 1851

William Balcombe

Balcombe se disait de lignée royale alors qu’il avait simplement été éduqué aux frais de la Couronne, comme tous les enfants de marins morts en mer. Il devint très vite une importante figure de la société locale. Il s’occupait de ce qui pouvait être rémunérateur : pourvoyeur et agent financier de la Compagnie des Indes, ravitailleur de la Royal Navy, commissaire-priseur. Il ouvrit également un bureau de courtage maritime.

Afin d’héberger les officiers dont il devait s’occuper dans le cadre de cette dernière fonction, il fit construire, à vingt mètres à l’ouest de sa maison, en haut d’une colline, un cottage dans le goût des folies de la fin du 18ème siècle. Le petit pavillon d’une seule pièce avec mansarde entourée d’une terrasse pouvait au besoin aussi servir de salle de bal. Pour cela, il suffisait d’y adjoindre une tente sur le petit carré de pelouse devant l’entrée située au nord.

Napoléon avait pour compagnie la famille Balcombe et ses quatre enfants dont l’espiègle petite Elisabeth, plus connue sous le nom de Betsy.

Willian Balcombe (1777–1829)

Napoléon et les Briars

Napoléon y a vécu du 18 octobre 1815 au 10 décembre 1815 avant de se rendre à la résidence de Longwood. En effet, celle-ci n’était pas prête à recevoir Napoléon. De nombreux aménagements étaient à effectuer. Napoléon fut séduit par le charme de la vallée des Briars. Fatigué de son périple de deux mois en mer, il se contenta du pavillon auquel on adjoignit la tente des jours de bal que l’on divisa en deux pièces.

Napoléon y connaîtra alors le plus modeste de ses palais impériaux : une pièce au rez-de chaussée et un comble. Cette pièce au rez-de-chaussée lui servit à la fois de chambre à coucher, de salle à manger et de cabinet de travail. Les meubles qui faisaient le quotidien de Napoléon étaient une simple table et une commode, ainsi que le peu de meubles venus de Paris : un lit de campagne et le portrait de son fils, le roi de Rome.

« On veut savoir ce que je désire : je demande ma liberté ou un bourreau. »

Napoléon

Le pavillon ne comportant pas de salle de bain, Napoléon profita d’une splendide athénienne en if, bronze doré et argent, qui se trouve aujourd’hui au Louvre. Sur la commode prêtée par les Balcombe, il plaça un grand nécessaire de vermeil dont les cent quatorze pièces illuminaient le modeste local. Il servit à la fois à la table, à la toilette et à l’écriture. Considéré par Napoléon lui-même comme l’un de ses plus précieux souvenirs, ce nécessaire l’accompagna dans toutes ses campagnes. Aux Briars, se mêlaient donc ce luxe extrême et cette grande simplicité qui marquent la captivité.

Les Briars aujourd’hui

La maison a été démolie en 1947 par la Compagnie Cable & Wireless qui en était le propriétaire. Cette grande maison de deux étages se situait là où se trouve le parking aujourd’hui. Il n’en reste que quelques briques qui furent utilisées pour construire un escalier qui conduit au pavillon. Malheureusement, sans entretien, le pavillon devint vite invivable.
La Compagnie Cable & Wireless décida de le détruire. Alertée par cette décision, Dame Mabel Brookes – descendante de Betsy Balcombe, décida d’acheter la propriété et l’offrit à la France qui accepta son don en 1959.

Aujourd’hui, seul le pavillon qui était occupé par l’Empereur est ouvert au public. En 2008, le gouverneur en Conseil a décidé d’acquiescer à la demande de l’actuel conservateur, Michel Dancoisne-Martineau, d’offrir à la France les terrains qui entourent le Pavillon aux Briars. Ce don à la France complète l’autre don qu’il fit, à titre privé deux ans plus tôt, au National Trust de la vallée qui conduit au bas de la « Heart Shaped Waterfall ».

L’épisode des Briars est, dans la vie de Napoléon, un entracte où rien ne se joua et où tout fut prétexte à la détente.